
Je me ferai pays…
Nous habitons le territoire autant qu’il nous habite. Force créatrice, il nous force aussi à la création d’un soi, d’une identité unique. Plus qu’un lieu de contemplation, il nous oblige à nous définir pour pouvoir nous y adapter.
Nous sommes aussi un territoire, dans lequel s’ancre nos vies. Notre corps porte les stigmas des vies que l’on crée. On rencontre en soi un grand inconnu lorsqu’on porte la vie. Bien que la maternité nous soit présentée comme une grande évidence en tant que femme, comme famille à constituer. Lorsqu’elle survient, il nous saute au visage que la connaissance d’une chose ne nous prépare pas à en faire l’expérience, comme l’arrivée dans un nouveau territoire.
Entre les rondins, je poserai mon sort et le sien…
L’interdépendance entre ce qu’on habite et ce qui nous habite est indéniable. Nous ne pouvons nous soustraire de l’influence du territoire quant à la manière que nous avons de vivre.
Les ressources nécessaires à la survie se trouvent là, dans les vestiges laissés par ceux qui nous ont précédés, par ceux qui ont modelé les aspérités du monde pour en extraire les douceurs. Pour nous laisser la perspective d’un monde meilleur.
Je vivrai à mon aise ensevelie par l’or des mélèzes…
La richesse d’une vie ne se calcule pas par l’accumulation de biens matériels, mais par notre capacité à reconnaitre la valeur des réseaux de soutien qui nous entourent et qui s’offrent à nous dans les moments opportuns. De manière cyclique, nous construisons et offrons au suivant la somme de nos apprentissages, enrichissant ainsi les communautés par le respect des êtres humains et des lieux qui les composent.
Le poème Forêt Vierge a été composé par Jennifer V. Moore, poète rurale. Auteure abitibienne, militante, elle offre un style de poésie minimaliste et naturaliste ancré dans le territoire qu’elle habite.
Le poème « Forêt vierge » est publié dans la 3 édition du journal L’Écritoire.
